Nos textes

La boîte à mots, le jeu : octobre 2018

nov 2018 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots d’octobre 2018 :  mairie, grâce, gris-souris


 Voir les règles du jeu ici


Voici les textes que nous avons reçus :


 

Les mots (Colette Kirk)

Tout a commencé dans le petit bois de Trousse Chemise, ce jour-là, j’ai perdu la tête. Je lui ai dit :

– Toi contre moi, viens au creux de mon épaule, donne tes 16 ans. Toi et moi c’est merveilleux l’amour !

J’ai pris sa jeunesse, j’ai effeuillé la marguerite.  Il te suffisait que je t’aime pour que l’amour nous emporte.

Plus tard tu m’as annoncé :

– Un enfant de toi pour Noël !

J’étais tellement heureux que je voyais le ciel plus bleu que tes yeux. A cette nouvelle je t’ai conduite à la mairie et nous nous sommes jurés une vie d’amour, entière. Tu portais avec tant de grâce cette magnifique robe blanche, alors que j’avais l’air emprunté dans mon costume gris-souris.

Pour notre voyage de noce, nous sommes allés en Italie, que c’est triste Venise. Je préfère quand le jour se lève, Paris au mois de mai. C’est formidable.

Comme les deux pigeons que nous sommes, nous vivons chichement  à la bohème, mais vivre avec toi, j’en déduis que je t’aime. J’ai toujours rêvé d’être artiste. Je me voyais déjà en haut de l’affiche, mais dans ce métier il est difficile de devenir  comédien et moi dans mon coin, je ne suis qu’un cabotin, comme ils disent. Je n’arrive pas à décrocher le moindre contrat. Alors je bois, je joue au poker et le reste du temps et bailler et dormir.  Sarah commence à en avoir marre de mes emmerdes et comme elle aussi change parfois je lui dis :

– Il faut savoir que tu n’as plus de charme, tu te laisses aller et que je n’ai pas envie de mourir pour toi !

Mais ce matin elle a plié bagage en me disant :

– Je pars avec le carillonneur, ton camarade. Lui au moins, il a du boulot, il joue la « Marche des Anges » sur les grandes orgues de l’église. Toi, tu n’es pas capable de faire une jam sur ce sacré piano même accompagné de deux guitares.

Je n’ai pas vu le temps passer !  T’en souvient-il ? Qu’avons-nous fait de nos 20 ans ? Tout s’en va après l’amour. Nous sommes devenus des étrangers, nous n’avons pas d’enfant. Mais je sais qu’au printemps tu reviendras, je t’attends, mon amour on se retrouvera,  on ne sait jamais…

Ce lundi 1er octobre, ils sont venus, ils sont tous là :

Ferret, Ferrat, Régiani, Gainsbourg, Brel, Béart,

Bécaud, Bassens, Moustaki, Mouloudji…

Tu leur as dit : emmenez-moi !

 A toi qui as si bien chanté l’Amour ! Adieu, Charles Aznavour

1924/2018


 

Mon village (Corinne P.)

J’habite en Ariège, dans un minuscule village de trente-cinq habitants, mais seule une quinzaine y vit à l’année. Maisons en pierres, toits aux tuiles rondes, ruelles étroites et pentues, c’est ce qu’on appelle un village de caractère. On n’y trouve ni café, ni boutique, pas même une boulangerie. Cependant, face au pont qui enjambe la rivière une minuscule bâtisse d’à peine deux pièces trône sur la place. Elle affiche fièrement sur sa façade : « Mairie» en larges lettres blanches, un peu défraichies certes, mais tellement symboliques.

Lors du dernier Conseil Municipal, des travaux ont été votés : mairie et lavoir seront repeints, et le choix de la couleur a fait débat, même si des règles strictes existent pour un village classé. C’est un joli gris-souris qui a été retenu et puis, grâce à une subvention du Conseil Général, l’accès à la rivière sera amélioré et un boulodrome aménagé.

L’été promet d’être joyeux, dans notre petit village. Mais, chut ! Ne le répétez pas trop !


 La rencontre (Martine)

Jude est attiré par une musique tsigane qui s’échappe du parvis de la mairie où un attroupement s’est formé.

Curieux, il se fraye un passage jusqu’au premier rang. Soudain, il blêmit. Cette danseuse, là, devant lui, c’est Marie ! Sa Marie ! Combien de temps qu’elle l’a quitté, sans explications ? Dix ans … oui dix ans déjà ! Oh bien sûr, il l’avait cherché, mais en vain ! Aujourd’hui, elle est là, face à lui, et exécute avec grâce une danse sensuelle. Son caraco noué sur sa peau dorée laisse entrevoir ses hanches qui ondulent et vibrent au son de la musique. Jude est pétrifié.

Près d’elle, un homme égrène des sons de jazz manouche sur sa guitare. Il a fière allure dans son costume gris-souris. Est-ce son compagnon ? Elle ne cesse de le regarder et virevolte fougueusement autour de lui. Ses bras l’invitent lascivement à venir la rejoindre sur un air de Django-Reinhardt.

Paralysé par l’émotion, Jude ne parvient pas à détacher son regard de cette femme qu’il a tant aimée. Au détour d’une pirouette, Marie se retrouve devant lui. Surprise, elle le fixe intensément. Puis, son regard azur s’illumine derrière ses cils fardés. Jude est tétanisé.

De furibondes notes de musique les ramènent à la réalité. Marie tourne la tête et, d’une enjambée, s’envole vers le musicien. L’homme cesse de jouer, pose sa guitare dans son étui puis salue les spectateurs en tenant Marie par la main. Ravis du concert, les badauds se sont agglutinés pour féliciter au plus près les artistes. Marie disparait, aspirée par la foule. Jude se débat pour l’approcher mais la horde résiste. Il faut qu’il lui parle, il faut qu’elle lui donne des explications, il faut… mais il se retrouve prisonnier et ne peut s’échapper.

Quelques instants plus tard, la place est vide. Il se retrouve seul, désemparé. Marie s’est évaporée !  Soudain, une voiture surgit à sa hauteur. Machinalement, il tourne la tête et la voit, assise près du musicien. Marie le dévisage avec tendresse puis lui adresse un signe de la main alors que le véhicule s’éloigne.

Jude a alors une idée ! Le duo a dû demander une autorisation pour se produire sur le parvis ! Plein d’espoir, il escalade quatre à quatre les marches du perron en direction de l’accueil de l’hôtel de ville. Il n’a pas remarqué que, derrière lui, la voiture qui emmenait Marie a fait demi-tour et est en train de se garer le long du trottoir.


Danses d’octobre (Camille)

 

C’était un de ces beaux jours du mois d’octobre que l’on vit comme un sursis à l’hiver ou une prolongation de l’été. Il n’était que seize heures, mais le soleil déclinait déjà sur la vieille mairie à la façade aux allures de château. Nous étions vendredi, le plus beau jour de la semaine, comme la promesse d’un beau week-end qui s’annonce après une semaine bien remplie. Arnaud venait de franchir la grande grille du parc. Le vent frais de ce début d’automne faisait pleuvoir les petites feuilles jaunes des tilleuls dans une danse légère.

Arnaud aimait ce parc au milieu de la ville. Il le traversait souvent en courant pour rejoindre son bureau au premier étage de la banque, face à l’hôtel de ville. Souvent en retard, Arnaud. Mais ce soir, il sortait plus tôt. La douceur des derniers rayons du soleil, la lumière dorée dans le feuillage clairsemé des marronniers s’imposaient à lui comme une force irrésistible. Comme un chat s’allongeant derrière une vitre, il s’installa sur un banc au soleil. Ces chaussures bien cirées et sa cravate jaune complétaient l’élégance de son costume gris-souris. La tenue dénotait avec l’ambiance détendue qui régnait sur les pelouses. Les enfants sortis de l’école frappaient dans un ballon qu’ils envoyaient voler d’un coup de pied dans un jet de feuilles sèches.

Arnaud desserra le noeud de sa cravate, l’enroula dans sa poche et déboutonna son col. Il n’était pas dans ses habitudes de s’attarder ainsi le soir. Son quotidien n’était que trajets rapides et missions précises.  Un coup d’œil à sa montre lui signifiait qu’il venait de rater le premier train pour Strasbourg. Et pourtant, il restait là assis. Il se surprenait à écouter tomber les feuilles sèches sur l’allée. Leur léger froissement à l’atterrissage se mêlait au clapotis du jet des fontaines au milieu des jardins. Il se souvenait avoir recherché l’ombre la dernière fois qu’il s’était arrêté dans ce parc. C’était alors le début de l’été et les arbres chantaient autrement. Aujourd’hui la brise agitait les branches dans un chant de papier de soie froissé. Ce moment était de ceux que l’on emporte avec soi pour passer l’hiver, comme une petite couverture de laine pour se réchauffer dans les longs mois de grisaille.

Arnaud n’avait rien prévu pour la soirée et un train partait chaque heure à destination de Strasbourg, mais il s’était donné comme limite le coucher du roi derrière les grandes fenêtres des salles de réception de l’hôtel de ville. Lorsque l’astre qui l’avait réchauffé depuis une heure ne fut donc plus qu’un halo sur les longs toits gris, il se leva pour rejoindre la gare. C’est alors qu’il la sentit passer devant lui. Elle dégageait un parfum fleuri d’été sublimé par la douce chaleur de cette fin de journée. Elle se déplaçait avec la grâce d’une danseuse. Sa robe, légère pour la saison, flottait à la brise. Ses longs cheveux enroulés en chignon libéraient une longue nuque fine. Arnaud lui emboîta le pas pour franchir la grille du parc qu’il retint poliment pour la laisser passer. Ils entamèrent ensemble un menuet aux gestes élégants autour du portillon grinçant. Si l’on vous demande pourquoi les parcs ont des grilles… peut-être est-ce pour le plaisir de les ouvrir. Elle le gratifia d’un sourire et d’un merci timide et traversa l’avenue. Arnaud suivit ainsi la belle inconnue jusqu’à la gare où elle se rendait aussi, puis sur le quai où arrivait le train pour Strasbourg. Il monta dans le wagon dans lequel elle s’engouffra.

A la sortie de la gare de Strasbourg, Arnaud ne marchait plus derrière, mais à côté de la belle inconnue qui s’appelait Sarah. En la saluant devant l’entrée des artistes du théâtre, il savait pourquoi ce jour-là le ballet des feuilles d’automne l’avait mené à ce banc. Il savait que le soleil de cette fin de journée le réchaufferait encore longtemps.

 


Comptine (Caroline)
Une souris verte qui courait dans l’herbe… et bien non !
La mienne , celle que j’aperçois essayer de se cacher, n’est pas verte mais simplement « gris souris » et de plus elle ne court pas dans l’herbe mais est terrorisée et ne trouve plus le courage de fuir…
Je j’attrape par la queue , la soulève au niveau de mes yeux …. et voici que soudain des mots sortent de son joli petit museau tourné vers moi !
Stupéfaite je l’entends me dire :
– De grâce, ne me trempez pas dans l’huile ne me trempez pas dans l’eau, je ne deviendrai jamais un artichaut tout chaud !
Sidérée et désarmée je la repose doucement par terre et lui ouvre la porte.
Elle s’enfuit très vite Et c’est alors que retentit le signal qui indique la fermeture des bureaux de la mairie pour laquelle je travaille.

M’étais-je assoupie ? Ai-je rêvé ? Ou pas ?


 

Promesses (Monique)

Aujourd’hui, Aurore se lève tôt, la boule au ventre. Impression désagréable ? Non, juste inhabituelle et quelque peu dérangeante. Le soleil pointe derrière les rideaux, le temps s’annonce splendide, heureusement ! Dans une poignée d’heures, Aurore dira « oui » à Félix. Ils s’aiment depuis fort longtemps et les quelques années de séparation n’ont pas ébranlé leur amour. La  robe de mousseline blanche, confectionnée avec soin par sa marraine, attend sur le mannequin au fond de la chambre.  Un bref encas en guise de petit déjeuner, une touche de maquillage, un voile de laque sur ses cheveux brossés et Aurore revêt sa toilette d’un jour. Felix doit déjà l’attendre à la mairie du village, sur la petite place ombragée de platanes centenaires, à deux pas. C’est avec infiniment de grâce qu’Aurore parcourt  les quelques mètres qui la séparent encore de son futur époux. Elle l’aperçoit, de son mètre quatre-vingt-quinze il domine l’assistance, parait un peu endimanché  dans son costume neuf, gris-souris. La future mariée ralentit le pas, une larme coule sur sa joue et sa bouche accueille la perle salée. Elle songe à ses parents absents, aujourd’hui, le plus beau jour de sa vie. Ce père et cette mère disparus trop tôt qui la laissent désormais orpheline. Mais déjà Felix la rejoint, l’embrasse et l’emporte vers un avenir plein de promesses.


 

 

 


 

Nous remercions les auteurs et rappelons que les textes leur appartiennent. Toute reproduction est interdite.


La boîte à mots, le jeu : décembre 2016

jan 2017 -
Si les mots avaient des ailes

Les mots proposés pour notre jeu de décembre 2016:   MAISON – COURIR – SILENCE

Voici les textes que nous avons reçus :


Surprise ! (Colette Kirk)

Et me voilà en panne, avec un pneu crevé, en rase campagne. Je suis perdue sur une route inconnue alors que je me rends chez des amis qui m’attendent. Ils m’ont invité pour le réveillon de Noël de demain soir. Comment les prévenir car pour comble de malchance mon portable est déchargé. Debout, à côté de la voiture, je scrute l’horizon cherchant une éventuelle aide. Il fait nuit et l’on ne voit pas grand chose d’autant que la lune est cachée et qu’il neige. Au loin il me semble pourtant apercevoir une maison. Je me dirige vers elle. Autour de moi règne un silence angoissant. Arrivée devant la porte, j’hésite à frapper. Rassemblant tout mon courage je « toque » par deux fois. Une grosse voix impérative me répond

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Ecriture critique 2015-2016 : (EX) Limen

déc 2016 -
Si les mots avaient des ailes

(EX) Limen  Anne Astolfe – Le Laabo

Ecriture collective LE LAABO
Conception et mise en scène/ Anne Astolfe
Collaboration artistique/ Pascale Fournier
Avec / Prune Beuchat, Gaëtan Gauvain, Bénédicte Guichardon, Guillaume Servely
Lumière et scénographie / Julie-Lola Lanteri
Son / Clément Vercelletto
Vidéo/ Charles Boinot

novembre 2015 –    L’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay (78)



Critiques écrites dans le cadre du projet « Mémoire de scènes » de l’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay

Atelier d’écriture animé par Christophe Candoni, journaliste

Atelier théâtre animé par Catherine Lenne, comédienne et metteur en scène.

Octobre 2015 – Juin 2016



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Ecriture critique 2015-2016 : Tordre

déc 2016 -
Si les mots avaient des ailes

Tordre
Rachid Ouramdane

Conception et chorégraphie, Rachid Ouramdane
Avec Annie Hanauer et Lora Juodkaite
Lumière, Stéphane Graillot
Décors, Sylvain Giraudeau

12 avril 2016  –    L’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay (78)



Critiques écrites dans le cadre du projet « Mémoire de scènes » de l’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay

Atelier d’écriture animé par Christophe Candoni, journaliste

Atelier théâtre animé par Catherine Lenne, comédienne et metteur en scène.

Octobre 2015 – Juin 2016



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Ecriture critique 2015-2016 : Quelque chose de possible

déc 2016 -
Si les mots avaient des ailes

Quelque chose de possible

Aurélia Guillet

distribution,mise en scène, écriture et scénographie Aurélia Guillet
écriture et collaboration artistique David Sanson
lumières César Godefroy
son David Sanson et Jerôme Castel
avec Anne Cantineau, Miglen Mirtchev, Aurélia Guillet, Philippe Smith, Jerôme Castel

25 mars 2016 –    L’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay (78)



Critiques écrites dans le cadre du projet « Mémoire de scènes » de l’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay

Atelier d’écriture animé par Christophe Candoni, journaliste

Atelier théâtre animé par Catherine Lenne, comédienne et metteur en scène.

Octobre 2015 – Juin 2016



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Ecriture critique 2015-2016 : Richard III

déc 2016 -
Si les mots avaient des ailes

Richard III
La Piccola Familia

Traduction Jean-Michel Déprats
Adaptation Thomas Jolly et Julie Lerat-Gersant
Mise en scène et scénographie Thomas Jolly
Collaboration artistique Pier Lamandé
Collaboration dramaturgique Julie Lerat-Gersant
Assistant à la mise en scène Mikaël Bernard
Création lumière François Maillot, Antoine Travert et Thomas Jolly
Musiques originales et création son Clément Mirguet
Création costumes Sylvette Dequest assistée de Fabienne Rivier
Parure animale de Richard III Sylvain Wavrant
Création accessoires Christèle Lefèbvre
Création vidéo Julien Condemine assisté d’Anouk Bonaldi
Photographies des portraits royaux Stéphane Lavoué
Doublure Richard III en création Youssouf Abi Ayad
Répétiteur enfants Jean-Marc Talbot

Production La Piccola Familia
Production déléguée Théâtre National de Bretagne / Rennes
Coproduction Odéon – Théâtre de l’Europe

 

19 Mars 2016  –    L’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay (78)



Critiques écrites dans le cadre du projet « Mémoire de scènes » de l’Onde – Théâtre Centre d’Art de Vélizy-Villacoublay

Atelier d’écriture animé par Christophe Candoni, journaliste

Atelier théâtre animé par Catherine Lenne, comédienne et metteur en scène.

Octobre 2015 – Juin 2016



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Sortie fantastique au petit palais

jan 2016 -
Si les mots avaient des ailes

Sortie fantastique au Petit Palais

L’estampe fantastique au 19e siècle, tel était le thème d’une exposition qui s’est tenue au Petit Palais à Paris jusqu’au 17 janvier. Une dizaine d’entre nous s’est retrouvé début janvier pour déambuler dans les salles de cette superbe exposition qui comptait deux volets : (voir le site du petit palais ici)

  • Les estampes du maître japonais Kuniyoshi, étourdissantes de couleurs et de détails, qui nous plongent dans un univers peuplé de démons ou d’êtres légendaires inspirés des légendes et du théâtre japonais. Mangas et tatouages ont par la suite largement puisé leur inspiration dans l’œuvre de cet artiste.
  • Les estampes et gravures en noir et blanc des maîtres européens du genre, Goya, Redon, Delacroix, Doré, Grandville pour ne citer que les plus réputés. S’offrait aux visiteurs une surprenante plongée dans nos cauchemars, nos mythes, notre peur de la mort, des démons et du surnaturel.
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Cher Cerveau

jan 2016 -
Si les mots avaient des ailes

par Christine D.

Cher Cerveau

Moi, pauvre Estomac, au nom de mes confrères de la digestion je viens une nouvelle fois, comme tous les ans à la même époque, me plaindre des sévices que tu nous imposes.

Tu es, je le sais bien, et te respecte pour cela, le maître de tous les organes, sans toi nous ne pouvons rien faire, mais c’est aussi à cause de toi que nous souffrons.

Oh ! bien sûr, ils étaient bien aguichants tous ces mets sur la table du réveillon, rivalisant les uns les autres par leur présentation et leur goût raffiné : foie gras sur son plat à tête de canard, jolies tranches roses de saumon accompagnées de blinis débordant de crème et croustillants à souhait, plateau de fruits de mer à l’odeur iodée rappelant les vacances d’été, sans oublier cette énorme dinde et sa farce goûteuse entourée de marrons joufflus. Et pour finir, la fierté de toutes les maîtresses de maison : la « jolie bûche » avec son ridicule Père Noël et son sapin en plastique ! (Qu’heureusement on ne nous oblige pas à manger).

Bien sûr, chaque plat était accompagné d’un breuvage toujours plus divin que le précédent je vous l’accorde : Pouilly, Pomerol, Nuits-Saint-Georges, mais pour nous quelle catastrophe !

Et comme si cela ne suffisait pas entre les repas, les chocolats : des ronds, des carrés, des blancs, des noirs, avec des noisettes, des cerises à l’eau-de-vie…rien que d’y repenser j’en ai des haut-le-cœur.

J’ai dû pour satisfaire mon hôte qui salivait honteusement devant tous ces mets, passer outre mon écœurement, me mettre au travail. Tout d’abord j’ai goûté du bout des lèvres, et il faut le reconnaître, pris un certain plaisir à accepter cette nourriture dans mon antre qui se remplissait jusqu’à se distendre dangereusement. Le Cardia, épuisé lui aussi, me supplia de fermer la valve pour que nous puissions prendre un peu de repos. Mais non, impossible. Toi et tes confrères étaient ravis de nous en avoir mis plein la panse. Se remplir le buffet telle est votre devise en ces jours de fêtes, mais vous ne voyez pas dans quel état nous sommes, j’en suis tout retourné. Après des haut-le-cœur terribles, heureusement, j’ai pu tout garder, mais quel supplice pour malaxer toutes ces victuailles et les réduire en enzymes afin de préparer la digestion.

Le Foie et la Vésicule étaient eux aussi en pleine crise : la Vésicule déversa sa bile à flot, quand aux Intestins je n’ose pas, dans ce courrier, te décrire leurs aventures !

Devrais je te rappeler que toi aussi tu as souffert, un mal de tête t’a obligé à garder la chambre une journée entière, malgré une prescription surdosée de Doliprane.

Pourquoi autant d’excès, puisque tu nous imposes ensuite un régime draconien pour retrouver la ligne en vue des beaux jours ? Nous avons, nous aussi beaucoup de plaisir à manger ces mets délicieux mais nous les apprécions d’autant plus qu’ils sont en quantité raisonnable !

Aussi j’espère cette fois, que tu entendras nos revendications et que pour les fêtes à venir, tu sauras te montrer raisonnable. N’oublie pas que Pâques approche ! Si nous devions subir le même sort, nous saurions, le moment venu, nous en souvenir, et te le faire payer.

Je te souhaite, au nom de tous mes confrères, un prompt rétablissement et sans rancune pour cet épisode douloureux, mais uniquement si c’est le dernier !

 

Ton serviteur l’Estomac.

Christine D.

Écrire c’est …

oct 2015 -
Si les mots avaient des ailes

 
Écrire c’est courir sur une immense plaine blanche en laissant derrière soi les traces de ses pas. (Christine Passot)
 

 

Écrire c’est un voyage qui commence par l’histoire de soi et va jusqu’aux confins de la vies des autres. (CC)

 

Écrire c’est faire rêver l’autre et aiguiser ses sentiments. (Mireille Gatinet)

 

Écrire c’est prendre le temps de se poser, réfléchir et se plonger dans un silence merveilleux. (Marie F Fondrillon)

 

Écrire c’est dompter ses peurs. (Sacha)

 

Écrire c’est respirer calmement, profondément. (Catherine)

 
 

Écrire c’est transmettre
Écrire c’est s’en remettre. (Louise)

 
 

Écrire c’est mettre en lumière ce que les autres cachent. (JAS)

 
 

Écrire c’est poser des mots sur le papier et les fixer avant qu’ils ne s’envolent. (Odile)

 
 

Écrire c’est s’arrêter un moment au bord de son chemin. (AP)

 
 

Écrire, c’est la liberté de coucher sur le papier sa créativité pour susciter l’étonnement voire l’intérêt d’autrui. (Martine P.)

 

Écrire, c’est tendre vers l’ami, le frère. (Agnès SL)

 
 

La bibliothèque de M. Linden

sept 2015 -
Si les mots avaient des ailes

par Alain lefebvre

Elle avait choisi ce livre sans réfléchir. Alors que les ouvrages de la bibliothèque de M. Linden étaient tous impeccablement alignés, il était le seul dont le dos dépassait, comme une invite à être saisi, une main tendue vers un lecteur inconnu. Tout de suite, elle avait été attirée. Quand ses doigts s’étaient posés sur sa reliure, un petit frisson l’avait parcourue. Elle n’aurait pas su dire pourquoi, mais jamais le contact avec un livre ne lui avait fait un tel effet. Elle ne l’avait pas sorti tout de suite de son emplacement. Elle en avait d’abord caressé le cuir, palpé le relief des lettres marquées sur son dos, essayant d’en deviner le sens. Elle avait fait connaissance avec le livre et quand elle fut sûre qu’il était d’accord, qu’il l’acceptait, elle le fit glisser doucement, plus exactement, elle le libéra.

Elle crut entendre un soupir de soulagement, mais non ce n’était pas possible, ce devait être son imagination ou le bruissement du vent dans la cheminée. Pourtant, dans sa main, elle sentit le battement d’un cœur, un tout petit cœur comme celui d’un oiseau. Elle se dit que c’était son cœur à elle qui battait la chamade et

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