Archives du mois : mars 2019

la boite à mots : mars 2019

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots de mars 2019 : patienter, enfant, lune

Envoyez-nous votre texte, nous publierons ceux qui auront retenu notre attention * sur notre site dans la rubrique la boîte à mots, le jeu  (à retourner au plus tard 2 jours avant la fin du mois  à le-jeu@silesmotsavaientdesailes.fr ).

Pour chaque texte, n’oubliez pas de préciser en première ligne : le titre et le nom de l’auteur (ou pseudo). Merci!


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LA BOITE A MOTS, LE JEU : FÉVRIER 2019

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

 

Voici les 3 mots de février 2019 :  espoir – lampion – couleur


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Voici les textes que nous avons reçus :



Les deux papillons(Monique)

La chenille est soumise à interrogatoire
Enfin, dis-moi, que veux-tu devenir, plus tard ?
Renaitre en papillon de jour, ai grand espoir
Pour déguster, des fleurs, le délicieux nectar

Sorti de l’armoire, le coupon de velours
Taillé avec soin par l’adroite couturière
Entend, d’un cou viril bientôt, faire le tour
Afin de remplacer jabots et lavallières

Métamorphosé, le jeune lépidoptère
Vivante et frémissante tache de couleur
Visite les jardins, survole les parterres
Ivre de parfums et rassasié de liqueurs

Le « nœud pap’ » fraichement sorti de l’atelier
Par un dandy en frac aussitôt adopté,
Est, des lustres et lampions devenu familier
Ravi dans la soupière de ne pas barboter

Et Bonheur des yeux, et bonheur du jardinier
Le Vulcain s’affaire dans les fleurs en clochettes
L’attribut de l’élégant du siècle dernier
Côtoie favoris, moustaches et rouflaquettes

Sur les deux papillons, portez votre attention
Car aujourd’hui, sont en voie de disparition.

 


Scène de ménage (Colette Kirk)

Lorsqu’Antoine rentre chez lui, il manque de tomber en butant sur une valise qui se trouve au milieu de l’entrée. Titubant comme à son habitude, il entreprend de monter l’escalier où sa femme Armande l’attend au premier palier du pavillon. Ce soir, il lui semble avoir des semelles de plomb tant cette montée est difficile. Arrivé enfin sur le palier, il s’effondre sur le banc près de la rampe pour reprendre son souffle, mais Armande sans attendre l’attaque :

– Alors encore un soir où tu rentres complètement bourré, pauvre type. Quand vas-tu t’arrêter ?
– Quand les poules auront des dents !
– D’accord, mais là, maintenant c’est le dernier soir que je vois ce spectacle, j’ai décidé de partir. Ma valise n’attend que moi en bas. Ma mère avait raison, j’aurai dû l’écouter. Elle m’avait bien mise en garde pourtant « Méfie-toi, il finira comme son père, un sac à vin » J’aurai dû épouser Jojo le fils du charcutier. Lui au moins il était gentil. Chaque dimanche il offrait des fleurs à sa femme, l’emmenait au théâtre, au cinéma, au restaurant ! C’était un gars toujours gai, plein d’entrain.
– Oui, mais il est mort lui, en laissant une veuve !
– Peut-être, mais au moins c’est une veuve joyeuse ! Il n’y a quand même une chose que j’ai appréciée chez toi… Tu ne m’as jamais frappée.
– C’est pas l’envie qui m’en manquait, mais si je l’avais fait, maintenant je serais un veuf en prison…
– Et bien pour te consoler, je vais partir et te laisser célibataire.
– Bravo, enfin tu t’es décidée à me foutre la paix ! Chez qui vas-tu aller, ta mère, ta sœur, ta cousine ou ton amant ?
– C’est bien des paroles de poivrot. Depuis des mois c’est moi qui fais bouillir la marmite, parce que monsieur ne travaille plus et ne cherche pas non plus. Ton cas est vraiment sans espoir.
– Si, je cherche, mais quand je me présente, c’est toujours la même réponse, je n’ai pas le bon profil !
– C’est évident ! Tu pues, mal fagoté, pas rasé, cheveux longs et ta trogne d’alcoolique… T’es guère présentable.
– Et alors maintenant c’est comme cela, c’est mon nouveau look !
– D’accord si tu vois les choses comme ça, tu n’es pas prêt à te reprendre en main, aussi c’est doublement décidé, je pars !
– Bon vent et bon voyage. Au moins je serai tranquille, car c’est à cause de toi si je bois !
– Ah ça ! C’est la meilleure ! Pourquoi ?
– Tu n’es jamais contente, tu râles 24h sur 24, tu me traites de nul, de bon à rien, de pitoyable individu. Tout cela me provoque une grosse déprime et pour me consoler je prends un petit remontant.
– Tu veux dire je pense : une petite déprime et un gros remontant.
– Tu vois tu continues. Sur ce je vais me coucher !
– Le lendemain matin Antoine rentre dans la cuisine avec une sérieuse « GDB ». Armande est encore là.
– J’croyais que tu devais partir hier soir ?
– Oui, mais il n’y avait pas de train si tard. Mais, je vais le faire maintenant, le temps de m’habiller, puis d’un revers de main s’essuie les lèvres avec satisfaction,
– Tu vois trogne d’ivrogne, tu ne peux pas rester à jeun de pinard, même le matin, tu commences tôt ton traitement anti-dépressif.
– Ouais ! Le champion de la descente, c’est moi ! Le Killy de la chopine c’est moi !
– Et tu t’en vantes ! T’es lamentable. Tu finiras clochard dans le ruisseau !
– Si c’est sans toi, au moins là je serais plus heureux.
– Cette fois c’est définitif, je pars, je te quitte. Adieu !
– C’est ça, adieu et surtout ne reviens pas sinon c’est moi qui te foutrais à la porte, j’en ai marre de voir ta tronche de harpie !
Armande empoigne sa valise et part en claquant la porte.
– Ouf ! Enfin ! Elle en aura mis du temps pour se décider à partir, enfin seul !
Alors Antoine esquive un petit pas de danse en chantant sur l’air des lampions…
Elle est partie la garce, à Germaine elle cède la place !
Elle est partie la garce, à Nicole elle cède la place !
Elle est partie la garce, à Suzanne elle cède la place !
Elle est partie la garce, à Claudine elle cède la place !
Elle est partie la garce, à… etc… »


 

Le chant de l’espoir(Jeane)

Ce matin, Il trainait au lit avec l’espoir que sa mère lui dise de rester à la maison, mais rien ne put la faire changer d’avis, alors en boudant un peu, il prit la direction de l’école.

Emmitouflé jusqu’aux oreilles, les mains enfoncées dans le fond de ses poches, la tête dans les épaules, le dos courbé comme un vieux pépé, il luttait contre le vent glacial. Il râlait, il était colère, on ne devrait pas aller à l’école par ce blizzard. S’il avait su, il aurait fait semblant d’être malade. Il n’y arriverait jamais ! Arcbouté, il luttait, comme si un colosse l’empêchait d’avancer. Tout en bougonnant et en trainant les pieds il prit la direction du bois, dit « le chemin des écoliers » il lui faudra plus de temps, vingt minutes au lieu de huit. Mais, à ce vent, qui cingle son visage et le fait plutôt reculer qu’avancer, il préfère ce détour. Après quelques minutes de marche dans la forêt, des piaillements guidèrent ses pas, ils appartenaient à un petit pinson tombé d’un nid, sa tête de couleur bleue était magnifique, il était recroquevillé, meurtri par le froid. Il se dit, je ne suis plus à quelques minutes près et il entreprit de lui faire un nid entre les branches d’un taillis avec son écharpe et quelques feuillages, ce ne sera pas parfait mais au moins il sera protégé. Le nid terminé, il y déposa l’oiseau, qui, se sentant à l’abri, se mit à chanter. Cela lui mit le sourire au cœur, il était heureux, plus rien n’avait d’importance. Il repartit en sautillant et en chantant. Arrivé à l’école avec un peu de retard il se fit discret, c’était la journée de préparation pour Halloween, citrouilles et lampions à préparer. Toute la journée il pensa au pinson. À la sortie de l’école il courut dans l’espoir de retrouver le petit pinson pour l’emmener à la maison bien au chaud. Quand il eut l’oiseau dans les mains pour le ramener chez lui, il se dit, « ce matin j’avais l’espoir que ma mère me laisse rester au lit. L’espoir de ce petit pinson c’est sans doute de retrouver son nid et sa maman » alors il se mit en quête de retrouver le nid d’où l’oiseau était tombé.

 


Le chat (François)

Collées au pied du canapé, elles attendent ensemble avec fébrilité et une angoisse à peine dissimulée.

Maintenant, chut, on ne bouge plus et on observe.

– Dis Livia, Il va falloir rester encore longtemps ?

– Je ne sais pas, cela dépend de lui, de lui seul.

En effet, face à elles, sur un fauteuil, trône un gros chat assoupi.

– Mais, tu vois bien qu’il dort.

– Ecoute Dora, un chat ne dort jamais vraiment, il ne fait que somnoler. Même les yeux fermés, il est toujours en éveil.

Ses narines, ses moustaches, ses oreilles, tout son corps est à l’affût du moindre de nos déplacements.

– Il est peut-être mort ?

– Sûrement pas mais il est tellement rusé qu’il est capable de faire semblant, le fourbe. J’ai peur qu’il nous ait senties ou entendues. Parlons plus bas et soyons patientes.

– D’accord mais j’ai très faim, moi.

– Dora, moi aussi je suis affamée mais il faut que nous redoublions de prudence car notre grand appétit pourrait nous faire commettre de fatales erreurs.

La salle à manger est de l’autre côté du canapé et je t’ai déjà expliqué que nous allions devoir passer à découvert à quelques centimètres de lui.

Ce serait vraiment dommage de rater une si belle table. Jette un œil, les humains ont laissé tous les restes de leur festin d’hier soir. Sens-moi tout ça : charcuterie, pain, fromage. Crois-moi, nous allons nous régaler.

Un vrai repas de fête. D’ailleurs, ils ont même abandonné les décorations, les bougies, les lampions. Aujourd’hui, c’est Noël pour nous aussi.

– Tais-toi, s’il te plaît, ça m’excite les papilles.

– Bon, il nous faut une stratégie d’attaque. Je vais avancer pendant que tu me couvres.

– Te couvrir, mais avec quoi ?

– Avec rien, nigaude. Cela veut dire que tu ne le quittes pas des yeux et que, s’il ouvre les siens, tu m’envoies notre petit sifflement d’alerte.

– Comme ça ?

– Noooonnn ! Pas maintenant. Seulement s’il bouge n’importe quelle partie de son corps.

Livia s’apprête enfin à quitter sa cachette quand elle entend derrière elle :

– Salut Dora, Salut Livia.

– Nom d’un chat, mais qu’est-ce que vous faites là ?

– Tu nous as dit de faire deux groupes de deux. C’est bien ce qu’on a fait. On a attendu une demi-heure et nous voilà.

– Je vous avais surtout ordonné de rester dans notre nid jusqu’à ce que nous revenions.

– Ah bon ? Tu es sûre ? En tous cas, on fait toujours deux groupes de deux.

– Oui, mais deux groupes de deux réunis, ça fait quatre et ça, c’est très dangereux.

Tant pis, à cause de vous, je crains que nous ne devions nous passer de notre banquet.

– Tu sais quoi ? Là, je pense à Tom et Jerry dont les histoires se finissent toujours bien pour notre race.

– Justement, que cela vous serve de leçon. Dans le dessin animé, si vous avez bien observé, elles ne sont que deux face à Tom : Jerry et Mitsou.

Bon, mais assez parlé ! Maintenant que vous êtes là, il va falloir gérer cette nouvelle situation. Je vais donc tenter une approche tactique. Qu’aucune de vous ne bouge d’ici tant que je ne vous fais pas signe.

Livia amorce alors un prudent démarrage, se fige soudain et recule en fixant le fauteuil vide.

– Le ccchhhaaat, il n’est plus là.

Les filles, c’est un drame. Il a quitté son coussin.

Dora, Nera, Sara, plus personne ne parle ni ne fait le moindre geste. D’accord ?

– Ok, chef

– Ok, chef

– …….

– Et toi, Sara ? Sara ?

– Livia, apparemment Sara est partie !!

– Comment ça, partie ?

– Ben oui, évidemment puisqu’elle n’est plus derrière moi. Mais c’est bien aussi parce que, comme ça, maintenant, on ne fait plus qu’un groupe de trois. C’est sûrement moins dangereux, hein Livia ?

– Non, Nera, et il faut absolument savoir ce qui est arrivé à Sara !!!

– Oooohhh, regarde, elle est là. Le chat est revenu dans le salon et il s’amuse avec elle dans sa bouche.

– Eh bien, crois-moi, elle ne va pas rire longtemps. Je crains qu’il n’y ait plus d’espoir pour elle.

– Pourtant, ils ont l’air de bien jouer ensemble, on dirait même qu’ils dansent.

– S’il te plaît, Dora, essaie de comprendre la situation. Dans quelques minutes, tu vas entendre des craquements d’os et la belle couleur blanche des poils de Sara va passer au rouge vif de son sang.

Maintenant, sans faire dans le sordide et pour lui rendre hommage, je dirais « à bon chat, bon rat » même si nous n’en sommes pas.

Par contre, pour nous consoler, on dit aussi que « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Aussi, profitons au mieux de cet épouvantable drame car ce gros matou va bientôt se recoucher pour digérer puis s’assoupir et ainsi, nous aurons le champ libre. Préparons-nous !

– Attention quand même, « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » et, bien que cela n’ait aucun rapport, « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » l’au…rat, elle est très bonne celle-là. Hein, elle est drôle, non ?

– Dora, asssseeeeezzzz !!!!

Tout à coup, un cri.

– Livia, au secours, regarde ! Le chat s’approche de nous. Il nous a repérées. On voit la queue de Sara qui dépasse au milieu de sa bouche, quelle horreur !

– Restez immobiles et ne dites rien, sous aucun prétexte.

D’un pas feutré, le félin arrive à leur hauteur, s’allonge sur le sol en les fixant d’un œil taquin et crache sa proie encore vivante.

– Vous avez de la chance, les filles. Je ne mange que les oiseaux que je chasse quand je peux m’évader dans le jardin. Alors voilà, je vous rends votre copine avec qui j’ai passé un moment très agréable. Je n’ai pas voulu vous effrayer mais j’avais juste besoin de me divertir et d’échapper à ma solitude.

– Livia, Livia, quelque chose ne va pas ? Tu es toute pâle.

– Tu vois bien qu’elle s’est évanouie. Dis-donc le chat, tu ne pourrais pas lui faire le bouche-à-bouche pour la ranimer ?

– Dora, ne me tente pas trop, je pourrais vite prendre goût à votre chair fraîche de petits rongeurs.

Maintenant, un conseil d’ami, dépêchez-vous. Allez vite vous régaler avant que mes maîtres ne reviennent et ne rangent tout ce qu’ils ont laissé hier. Bon appétit à vous.

Une autre suggestion : ne laissez aucune trace de votre passage, si vous voyez ce que je veux dire. Cela vous évitera sans doute la dépose de pièges ou de poison.

Et puis, la prochaine fois que vous viendrez par ici, venez me réveiller pour que nous puissions nous amuser ensemble.

Peu après, Livia sort de sa torpeur grâce à un baiser pour le moins inattendu et les quatre amies se précipitent afin de faire bombance pendant que le gros minet retrouve son coussin et son ennui.


C’est la fête ! (Caroline)

C’est si joli les lampions !
Ça sent le 14 juillet et ses flonflons .
Sur la place on danse en rond au son de l’accordéon … et sautent les bouchons … et tournent les jolis jupons, comme des papillons attirés par la douceur du temps.
Il ne pleuvra pas ce soir … espérons …
Les enfants, jeunes poissons, font des bonds, courent et rigolent la bouche pleine de bonbons en se se lançant des pompons faits de papier crépon .
Il fait chaud !
Fatiguée, je vais m’assoir et commander un  »Perrier citron » avec des glaçons …
Mais que se passe-t ‘il là-bas … au fond ?
Eh … doucement les garçons !
Ils ont sans doute abusé des  »Picon bière » , il ne faudrait pas que ça tourne à la baston !  Attention !
Avec tout ce bruit j’ai la tête comme un melon, un peu comme un soir de réveillon, ou, attachée devant une bûche glacée qui fond, je n’espère qu’une chose : faire un petit roupillon sous mon édredon en coton.

Et ron et ron petit patapon …


Le premier défilé de Madly (Martine)

– Dépêche-toi Papa ! Il ne va plus y avoir de lampions, clame Madly

– Ne t’inquiète pas ! Tu vas l’avoir ton lampion, répond Charly en riant.

Il agrippe la menotte de la fillette et se fraye un passage dans la foule amassée devant le parvis de l’hôtel de ville. Madame Grindard, la Présidente du comité de quartier, l’a repéré et lui tend spontanément le précieux sésame : une lanterne aux couleurs républicaines dont il s’empresse d’allumer la bougie à l’intérieur.

Au même instant, le défilé multicolore s’ébranle dans la rue Jean Jaurès en direction de la cité des Sables. La fin du parcours est prévue, un peu plus tard, sur la place Charles de Gaulle où est installé l’orchestre qui animera le bal de clôture des festivités du 14 juillet.

Excitée, Madly ne cesse de se sautiller d’une jambe sur l’autre en faisant tanguer son lampion dont la flamme vacille au gré des secousses : c’est la première fois qu’elle a le droit de participer au défilé ! La première fois qu’elle va sillonner la ville en pleine nuit !

À ses côtés, Charly s’amuse de son émerveillement et les souvenirs remontent à la surface. Ah ! Ce petit garçon, au même âge, dans la même rue, tenant lui aussi un lampion bleu, blanc, rouge, accompagné de son père, avec l’espoir que ce moment magique ne s’arrêtera jamais !

Une petite voix enjouée le ramène à la réalité :

– Dis Papa ! Est-ce qu’on restera écouter la musique tout à l’heure ?

– Pas question, répond Charly d’une voix faussement bourrue. Tu auras participé au défilé, ce n’est déjà pas si mal à ton âge, non ? interroge-t-il

Une moue boudeuse remplace l’allégresse sur le visage de Madly, mais, vite dissipée par la proposition alléchante de Charly :

– Par contre, si tu veux, je t’achèterai une crêpe auprès du marchand ambulant sur la place.

– Oh oui ! Je pourrai prendre une crêpe au chocolat ? demande Madly des étoiles plein les yeux.

« Ah ! L’enfance…! » songe Charly un brin nostalgique.

 


La retraite aux flambeaux      ( Paulette POUJAUD )

Couleurs et lampions, voilà des mots qui suscitent aussitôt de belles images de mon enfance.

J’y pensais longtemps à l’avance.

Chaque année,  pour la fête nationale, Vélizy organisait dans toutes les rues de la petite ville un défilé « retraite aux flambeaux » qui réunissait dans la bonne humeur parents et voisins autour des enfants ravis, porteurs de jolis lampions de papier plissé à l’intérieur desquels brillait la tremblante flamme d’une bougie.

Une année, alors que je devais avoir 10 ans environ, j’avais été dotée d’un porte-lampions pouvant accueillir quatre de ces flambeaux aux couleurs et reflets magiques.

Aussi, étais-je fière de cette grande chance dont je bénéficiais.

Le départ du défilé causait bien un léger désordre sur la place de la Mairie, vite refréné par les adultes, chaque année inquiets d’un possible incendie provoqué par l’inflammation soudaine de deux lampions se télescopant.

Ce fait ne se produisit heureusement jamais et nos jolies lanternes ne furent jamais auteurs et victimes d’un tel événement.

Que de souvenirs de ce parcours à travers les rues de la ville, chemin bien long pour nos petites jambes et cependant relativement court en raison du peu d’étendue qu’occupait Vélizy à cette époque.

Malgré la fatigue, nous gardions au cœur l’espoir de refaire l’an prochain « la retraite aux flambeaux ».

Mais quand on est enfant que c’est long un an et parfois l’espoir est prêt de s’éteindre comme les flammes des petits objets aux vives couleurs qui ont charmé cette soirée.

Repliez-vous jolis lampions, avant de rejoindre la cave ou le grenier où vous passerez un an avant un nouveau défilé.



Nous remercions les auteurs et rappelons que les textes leur appartiennent. Toute reproduction est interdite.