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la boiteà mots : été 2019 (consigne)

juil 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les  mots de l’été 2019 :

 

  • juillet 2019 :  enchanteur, montagne, attaque, (gâteau, médecin)
  • août 2019 :   panorama, éventail, temps, ( écouter, calme)
  • Et une proposition plus ambitieuse, celle de « dis-moi dix mots » :Cette nouvelle édition est consacrée aux différentes formes de l’écrit : « Dis-moi dix mots sous toutes les formes ».Les dix mots choisis pour illustrer cette thématique sont : arabesque, composer, coquille, cursif/-ive, gribouillis, logogramme, phylactère, rébus, signe, tracé.

    voir le site de « dis-moi dix mots » ICI.


 

Envoyez-nous votre texte, nous publierons ceux qui auront retenu notre attention * sur notre site dans la rubrique la boîte à mots, le jeu  (à retourner au plus tard 2 jours avant la fin du mois  à le-jeu@silesmotsavaientdesailes.fr ).

Pour chaque texte, n’oubliez pas de préciser en première ligne : le titre et le nom de l’auteur (ou pseudo). Merci!


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LA BOITE A MOTS / LE JEU : AVRIL 2019

juin 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots d’avril 2019 : rêver, fraternel, animation
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Voici les textes que nous avons reçus :
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La rencontre (Martine)

Hugo vit dans un petit village près de la forêt de Turini. L’enfant aime s’y promener et retrouver les animaux devenus ses fidèles amis au fil des années.
En cette belle matinée ensoleillée, il est allongé au pied d‘un mélèze en train de rêver lorsque, brusquement, ses paupières deviennent lourdes… mais lourdes ! Alors qu’il s’assoupit doucement, un bruissement près de lui l’incite à entrouvrir les yeux. Une biche aux yeux de velours apparaît.
Hugo lui adresse un petit signe de la main et se lève pour la rejoindre. C’est alors qu’un sifflotement inattendu effarouche l’animal qui s’enfuit à toutes jambes au travers de la clairière Un homme surgit vêtu d’une longue redingote et d’un chapeau haut de forme noir.
L’enfant le regarde et lui dit :
– Elle est partie ! Elle a eu peur de toi.
– Ne t’inquiète pas, elle reviendra, lui répond-il d’un ton fraternel. Mais que fais-tu ici tout seul ? Tu ne devrais pas t’éloigner ainsi de chez toi.
– Je ne risque rien, réplique Hugo. Je n’ai que des amis ici.
L’homme sourit puis s’assoit près de l’enfant. Il sort de sa besace une gourde qu’il vide d’un seul trait. En la remettant dans son sac, il sort, malicieusement, un petit Pierrot tout de blanc vêtu, sous les yeux émerveillés d’Hugo.
Intrigué, l’enfant demande :
– Pourquoi tu te promènes avec une marionnette ?
– Tu vois ce Pierrot est mon outil de travail. Grâce à lui je présente des spectacles et je ravis ainsi les enfants…mais aussi leurs parents.
– Tu veux bien me faire un spectacle, rien que pour moi ? implore Hugo.
– Si tu veux, répond l’homme en installant le pantin entre ses doigts.
Soudain, un terrible grondement emplit le ciel, suivit d’un déluge de pluie et grésil. Hugo se pelotonne près du tronc d’arbre alors que l’homme ouvre sa gabardine pour le protéger.
Ils restent ainsi plusieurs minutes, serrés l’un contre l’autre, avant que le ciel ne retrouve sa joie de vivre. Hugo lève les yeux vers l’homme. Ce dernier l’observe et lui dit :
– Trop tard pour le spectacle ! Je dois partir. Mais si tu veux, tu peux venir me voir demain en fin d’après-midi au village de la Bollène-Vésubie. Je ferai mon spectacle à dix-sept heures sur la place de la mairie.
Hugo est dépité mais déjà l’homme se lève, le salue puis s’éloigne sur le sentier.
Un pépiement au-dessus de sa tête interpelle l’enfant. Il ouvre un œil, puis l’autre et constate qu’il est allongé sur le sol sec près du mélèze. Pas de trace de la biche, ni de l’homme…Aurait-il rêvé ?
Au loin, retentissent les bruyantes animations du marché hebdomadaire installé sur la place de l’église. Hugo se lève, fait quelques pas puis se retourne au cas où l’homme au pantin réapparaîtrait. Mais personne ! Il est bel et bien seul…


 

L’étudiant (Colette Kirk)

C’est une partie de l’histoire que seuls les anciens connaissent pour l’avoir vécu.

– Alors ! C’était quand grand-père ?
– Ben ! Je ne me souviens pas exactement, mais à cette époque j’étais jeune, je devais avoir 18 ou 19 ans. J’avais quitté la ferme de mes parents, car depuis mon enfance, mon rêve était d’être médecin et de devenir ensuite académicien. Je croyais que « l’académie » était une maladie grave, aussi j’étais décidé à la combattre et de sauver l’humanité en l’éradiquant. Je me suis inscrit dans une école de médecine à Paris. Je ne sais plus laquelle d’ailleurs et pendant des mois j’ai suivi assidûment tous les cours. Je ne comprenais pas pourquoi les autres étudiants se moquaient de moi quand je leur disais quelle spécialité j’avais choisi.
– Ils devaient te prend pour un petit rigolo !
– Et je l’étais. Aussi lorsque je me suis enfin rendu compte que je « marchais à côté de mes pompes » j’étais tellement déçu et déprimé que j’ai voulu me jeter dans la Seine depuis le Pont Neuf. Heureusement que dans un élan fraternel les copains m’ont retenu. .
– Et après ?
– Comme on était tout un groupe et qu’on remontait le « Boulmiche » d’autres gars se sont joints à nous, puis d’autres encore et même des ouvriers qui réclamaient je ne sais plus quoi. On a même fait des barricades et on s’est affronté avec des CRS. Ah ! Là, je peux te dire, qu’il y avait de l’animation, Ça cognait de tous les côtés. Les pavés volaient dans tous les sens. Et vas-y que je te tape et vas-y que je te matraque Quelle ambiance !
– Et après ?
– Après je ne me souviens plus très bien, j’ai reçu un coup sur la tête et je me suis réveillé à l’hôpital. Depuis il m’arrive d’avoir des absences. Mais attends donc, je crois que oui ! C’est ça, ça me revient, c’était en 68 !

 


 

LA DESSINATRICE CROATE (François)

Elle m’a plu dès que je l’ai vue. Sur l’instant, j’eus la certitude qu’elle serait la mère de mes enfants. Il me serait impossible d’expliquer pourquoi. Certes, elle était jolie mais, au-delà de cela, il émanait d’elle de la grâce, du charme, de la douceur et de la bonté. Elle échangeait une conversation animée avec une autre fille brune, probablement une amie. J’ai immédiatement cherché à définir le pays d’où elles pouvaient venir, Grèce, Turquie, Bulgarie, Croatie, Serbie, Albanie. Elles ne pouvaient provenir que d’un pays bordé par la Méditerranée tant leurs cheveux étaient noirs et leur peau mate. Chacune avait un grand carton vert coincé entre les pieds. J’en conclus qu’il s’agissait d’artistes passionnées, à en juger par l’enthousiasme que révélait leur tête à tête. Je m’efforçai de ne pas trop la fixer malgré ma difficulté à détacher mon regard de ces deux jeunes femmes qui devaient avoir entre vingt-cinq et trente ans, comme moi.
Nous n’étions que tous les trois dans cette salle de classe dont une grande baie vitrée derrière moi donnait sur la rue. J’étais assis à une table tentant désespérément, depuis quelques minutes, de reprendre la rédaction de mon récit tant j’étais troublé.
Et puis, elle a tourné son visage vers moi. Elle n’était plus jolie, elle était belle, sublime. Elle m’adressa un sourire plein de grâce et de gentillesse. Un sourire ravissant que Leonard de Vinci n’aurait sans doute jamais su peindre. J’étais sous le charme et, surpris, j’ai craint de ne lui avoir renvoyé qu’un rictus terne et ridicule.
Pendant qu’elles continuaient leurs débats auxquels je ne comprenais rien, j’abandonnai mes aventures romanesques couchées sur papier pour rêver en survolant les chauds rivages des mers Egée et Adriatique.

Elles se sont embrassées, caressé la joue et ma belle est passée devant moi en m’adressant un joli geste de la main que, présomptueux, j’interprétai comme un au revoir, une invitation à une nouvelle rencontre. Elle ouvrit la baie vitrée.
Je tirai aussitôt ma chaise pour tenter de la retenir mais elle avait déjà disparu dans les petites rues pleines d’animation du quartier latin.

Il me fallait absolument savoir qui elle était, d’où elle venait, ce qu’elle faisait. Je me suis précipité vers la directrice de la bibliothèque qui trônait au bureau d’accueil.
Je devais faire preuve de beaucoup de ruse pour obtenir des informations sans éveiller les soupçons.
– Pardon madame, une jeune fille vient de quitter la salle 3 où j’étais en train d’écrire. Je crois qu’elle vient de temps en temps ici et elle m’a laissé un message auquel je voudrais répondre. Connaissez-vous son adresse ?
– Désolé, mon garçon. Les seules choses que je sache sur elle sont qu’elle suit des cours de dessin, qu’elle est croate et qu’elle habite dans un petit appartement près d’ici. J’ignore où exactement. Mais il est vrai qu’elle est une habituée des lieux.
– Merci, madame. Je reviendrai.
– Avec plaisir, à bientôt.

Elle ne croyait pas si bien dire. Je suis revenu le lendemain, le surlendemain sous prétexte de finir mon roman à peine ébauché. Le week-end me parut être une éternité. Je le passai à sa recherche en parcourant une bonne partie de l’arrondissement depuis la place Saint-Michel jusqu’au bas de la rue Mouffetard après avoir arpenté le boulevard Saint-Germain.
Le dimanche, en fin d’après-midi, place de la contrescarpe, me vint alors une idée que, sans modestie, je jugeai lumineuse : apprendre sa langue.
Fier de moi, je rentrai dans mon studio de la rue Monsieur le Prince et consultai aussitôt internet en quête d’une adresse de cours privés qui, si je la retrouvais un jour, me permettraient de communiquer avec elle.
Je trouvai rapidement ce que je cherchais. C’était près de l’Odéon, à une portée d’arbalète de mon appartement. Je m’inscrivis aussitôt pour des leçons qui allaient commencer dix jours plus tard.
Je profitai de cette semaine pour retourner quotidiennement à la bibliothèque. J’y restais du matin jusqu’au début de soirée. Quelle déception et quelle tristesse !, elle ne franchit jamais le seuil de la porte.

Mais, je m’obstinai.
Les cours commencèrent et j’avoue que j’ai souffert au début. C’est une langue tellement différente de la nôtre, surtout le mouvement des lèvres.
Un mois passa. Grâce à ma volonté et un immense espoir, je progressai assez rapidement, d’après les dires de mon professeur. Nous étions une dizaine à partager son enseignement. Avec des motivations différentes, de tous âges, nous avions tous le désir de réussir ce qui était pour certains une nécessité et pour moi un plaisir qui, toutefois, me procurait beaucoup de frustration.

C’était devenu une sorte de rituel. Tous les jours, je passais devant la baie vitrée de la salle 3 et, peu à peu, le furtif coup d’œil que je jetais à l’intérieur traduisait ma résignation croissante à ne plus jamais la revoir.

Je continuai à suivre les cours de cette langue imprononçable. Au terme de deux mois de travail intense, je me rendis compte que je commençais à la maîtriser suffisamment pour tenir une conversation simple. J’en tirai une inutile fierté.

Un peu désespéré, je passai à nouveau devant la salle 3 de la bibliothèque et tournai la tête vers la droite comme un automate.
Mon Dieu ! Ma ténacité était enfin récompensée.
Elle était là penchée sur des feuilles de dessin, la main appliquée à illustrer un paysage de ville fortifiée en bord de mer.
Je ne sais si j’ai souri ou pleuré, sans doute les deux.
La baie était fermée de l’intérieur.
Alors, j’ai fait quelques mouvements de bras, j’ai sautillé tel un gosse pour attirer son attention.
Le soleil derrière moi m’a considérablement aidé en projetant mon ombre agitée sur le sol devant elle.
Elle se tourna vers la fenêtre et, gênée par la lumière, elle plissa ses beaux yeux verts qu’elle écarquilla aussitôt avec un magnifique sourire qui me parut traduire une joie sincère.
D’un geste de la main, elle m’invita à la rejoindre. Mon bonheur dut se lire sur mon visage car elle m’exhorta à plus de rapidité.

Dès que je suis entré dans la salle, elle se leva et se dirigea vers moi pour m’enlacer chaleureusement. Je la serrai dans mes bras en cherchant, en même temps, à lui transmettre mon bonheur de la revoir et à marquer une convenable retenue. Aussi, mon étreinte fut presque fraternelle.

D’un geste gracieux, elle m’invita à m’asseoir près d’elle et me montra ce qu’elle esquissait de sa ville natale. Je reconnus rapidement la citadelle de Dubrovnik que j’avais souvent visitée sur Google Earth pendant toutes ces semaines où je m’étais nourri de la culture de son pays.
Elle posa son crayon et s’adressa à moi dans sa langue. Je réussis à comprendre que c’était un projet important pour elle commandé par l’ambassade de Croatie. Je l’en félicitai par de vifs applaudissements.

Et puis, nous nous sommes présentés. Ana, Martin.
Nous avons échangé longuement sans souci de l’heure. Je m’efforçai de pratiquer au mieux pour la première fois ce que j’avais appris mais, parfois, à son large sourire amusé, je me rendais compte que je commettais des fautes.
Gentiment, elle me corrigeait. Elle s’exprimait lentement.

Lorsque, à la demande de la directrice, nous avons dû quitter les lieux, sur le trottoir, je lui ai pris la main. Je n’ai même pas réfléchi, c’était une évidence.
Non seulement, elle accepta mon geste mais encore elle serra la mienne avec beaucoup de tendresse.

Voilà, tout cela s’est passé il y a trois ans.
Aujourd’hui, nous sommes tous les deux penchés sur le berceau de notre petite fille aussi belle que sa Maman, Teadora,
Dans quelques mois, chez nous, Tea apprendra deux langues, le français pour parler avec moi et, pour communiquer avec Ana, celle que j’ai eu tant de mal à apprendre, la langue des signes.

 


 

Un jour gris (Camille)

C’est un jour gris sur le calendrier. Aujourd’hui je ne me réveillerai pas. La sonnerie matinale de la boîte à tic-tac ne me sortira pas de mon rêve. Tic-tac, tic-tac, tournent les aiguilles, je ne me lèverai pas. Les douze chevaux du voisin ne viendront pas me tirer du sommeil. Ils dorment dans leur écurie métallisée comme tous les bourrins du quartier.
Ce matin tout est endormi. Dans une bienveillance fraternelle, chacun veille sur le sommeil de l’autre. C’est un jeu où le premier qui bouge aura un gage. Un deux trois soleil, le voilà qui se lève dans son voile rose. Et voilà le merle qui s’autorise à rompre le silence. « Le monde est à ceux qui se lève tôt ! » Chante-t-il en déployant toute l’énergie de sa petite gorge noire. Je m’éveille au son de cette douce mélodie, aux premières lueurs du jour. Le gage sera pour lui. Le ténor au bec jaune devra chanter chaque matin jusqu’à la fin de l’été.
On entend une sirène au loin, la voisine commence à s’agiter. L’animation de la rue, la vie s’invitent dans ces premières heures paresseuses. Le vent apporte la douceur des jours anciens, l’appel des cloches dans le lointain. L’église n’est pas si loin. Et si l’on allait à la messe dans ce jour de paresse ?

C’est une jour gris sur le calendrier, c’est un jour férié. Sans réveil, je m’éveille à la beauté de cette journée.


 

Repos d’après repas (Monique)

La sieste est un art, celui de l’inaction.
Nul besoin d’être virtuose dans le maniement de l’archet ou du pinceau, d’édifier avec maestria palais, châteaux ou cathédrales, de modeler de gracieux visages d’argile, de rédiger poèmes et pamphlets…
Rien de tout cela pour une bonne sieste, juste un frugal repas et un emploi du temps élastique.

En hiver, dans le salon, calée dans le canapé à l’odeur de cuir patiné, défoncé par les ans, usé et décoloré par les caresses, le dos soutenu par d’épais coussins, les pieds posés l’un sur l’autre sur la table basse du salon, je plonge dans la rêverie. Le cocon est douillet, dehors un vent glacial souffle dans les branches dépouillées.

Aux beaux jours, c’est vautrée dans le transat, à l’ombre de la tonnelle, que je me plais à rêver. Tout est silence. Les oiseaux se sont tus, eux aussi doivent profiter de la quiétude du début d’après-midi.
Le banc du jardin public me parait moins propice à l’assoupissement. Au loin les coques vides des bateaux, navires désertés, balancent gentiment en attendant leurs jeunes équipages. Assise, le corps plié en deux, façon angle droit, la tête dodeline de bâbord à tribord et finit par basculer lourdement en avant, menton sur la poitrine. Alors le réveil est brutal. Seule une épaule fraternelle peut rendre la place aimable.
C’est pourquoi, je préfère, si le règlement l’autorise, m’allonger dans l’herbe fraiche, mains croisées sous la nuque, à tutoyer pâquerettes et boutons d’or.
L’endroit est encore calme, point d’animation. Dans une heure, une horde de marmots joyeux et braillards investira les lieux.

Ici ou ailleurs, l’esprit finit par s’abîmer dans d’agréables rêvasseries, les yeux par papillonner. Le livre, compagnon des premiers instants, se referme doucettement. La respiration se fait régulière, la pénombre bienfaitrice. J’oscille entre rêve et réalité comme un funambule sur son fil, entre audace et crainte, entre équilibre et chute.

Enfin, je m’évapore.

Le monde peut bien s’agiter hors des murs, derrière la grille du jardin, je flâne dans ma tête, mais c’est bien de flâneries que naissent les livres !


 


Nous remercions les auteurs et rappelons que les textes leur appartiennent. Toute reproduction est interdite.


la boite à mots : juin 2019 (consigne)

juin 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots de juin 2019 :  retour, hippodrome, souffler

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la boite à mots : mai 2019 (consigne)

mai 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots de mai 2019 :  école, opéra, papier

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Retour sur notre atelier : La poésie du tango

avr 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Dimanche 31 mars 2019 comportait une heure en moins, en raison du « passage à l’heure d’été » mais cette journée n’en a pas moins été riche en musicalité. En effet le temps d’un après midi ce dimanche-là, Françoise Siri nous a accompagnés dans la découverte de la poésie du tango. Après une introduction permettant d’identifier les spécificités de la poésie contemporaines et les « ficelles » de l’édition, nous avons laissé venir les mots, les idées et les images portés par des tangos d’Osvaldo Pugliese et d’Astor Piazzola. Le temps de partager la lecture de nos poèmes et le stage était déjà terminé.

Mais afin de  prolonger ce partage ou pour ceux qui n’avaient pas participé au stage, il est possible et même… il faudrait lire « Traversée tango », recueil de poèmes de Françoise Siri  http://revue-texture.fr/traversee-tango.html
Et puis, embarquons avec les musiques de tango afin de découvrir les poèmes qui sommeillent secrètement en nous…

voir aussi notre article présentant cet atelier/rencontre ICI


voici quelques textes écrits pendant cet atelier :

La minute d’après

Tanguer, verser, renverser

la minute d’après chahute les sens
la veine bleue charrie son rouge sang

le cou emporté jette un dernier sort
la bouche fardée se ferme sur le cri du corps
le menton souverain se cache
les regards lumineux se lâchent
l’épaule amante s’enfuit
la mèche folle s’assagit

la main décousue délaisse son empreinte
la hanche endimanchée se réfugie dans son écrin
le buste soupirant retient son troublant mystère
la jambe dernière larme de chair fend l’air
la sueur perlante signe le pacte
la musique domptée s’éclipse avec tact

Tanguer, s’égarer, se redresser
bonheurs titubants

Vivants

Vivants

PLL

Tango, je te chéris :
Car tu mets dans tes notes,
Tous mes désirs enfouis,
Et cela dénote… et cela connote…

Patrice

 

Poésie de la pluie

le trottoir brille sous nos pas fatigués
contre ta hanche je m’appuie
les battements de mon cœur s’apaisent

AP

Oh les maux
A fleur de peau
Dis-moi Tango
La douleur des heures sombres
Quand dans la supplique des notes
Le bandonéon appelle les corps
Tous ces sons qui frappent la peau
Avant le peau à peau
L’envie de vivre et d’hurler
L’envie d’embraser et d’embrasser
Alors Tango
A fleur de peau
Laisse les corps se libérer et danser

Catherine

Danse hauturière

Le rideau s’ouvre sur trois notes
Amère cruelle rouge

Les amours ont largué leurs amarres
Elles sèchent leur sel le long des joues
Elles brûlent leurs épines au fond des gorges
Elles dérivent en haute mer au péril des grands creux

Entre deux tempêtes sous la main gauche
Le tango lent des violences de l’exil
Se drape au piano de grappes dissonantes
Se nappe aux violons d’unissons funèbres

Tout un peuple accoste écorché
Au bar du port et sort ses lames
La bande aux néons s’abandonne
Au son du sang chaud qui s‘écoule

D’un accord frappé
La plainte en point d’orgue
Au bal sans fin
Jamais ne s’éteint.

Denis

la boite à mots : avril 2019 (consigne)

avr 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots de avril 2019 : rêver, fraternel, animation

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LA POÉSIE DU TANGO, Rencontre et atelier avec Françoise Siri

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

LA POESIE DU TANGO, dimanche 31 mars 2019 – 14h – 16h30

Rencontre et atelier COUVERTURE-tango

avec Françoise Siri

Le tango, c’est une partie de l’âme de l’Argentine et des grands écrivains, de Borges à Cortázar. C’est une danse qui se veut, depuis ses origines, le reflet du monde et de son chaos, qu’il s’agisse des dictatures militaires ou des chocs du libéralisme qui atteignent le pays de plein fouet. Tout entre dans le tango : les textes d’amour, de mélancolie, de nostalgie, de désespérance, d’espoir, de combat politique, de fierté, de courage… Le tango est une manière de poser un regard acide et lucide sur la société telle qu’elle est, tout en continuant à danser, c’est-à-dire à vivre en recherchant le beau.

Françoise Siri vous fera partager cette expérience du tango, danse qu’elle a pratiquée une dizaine d’années, à l’occasion de la sortie de son recueil « Traversée Tango » (http://revue-texture.fr/traversee-tango.html, http://revue-texture.fr/les-critiques-de-max-alhau-2019.html#siri, https://www.babelio.com/livres/Siri-Traversee-Tango/1111999),  aux éditions Rafael de Surtis (http://www.rafaeldesurtis.fr). A travers la lecture de poèmes de son recueil, et de textes d’autres auteurs, elle vous propose un atelier d’écriture.

Cet atelier comprend :

– une rapide introduction sur la poésie contemporaine, ses écritures actuelles, ses caractéristiques et ses tendances,

– des échanges sur le tango et l’écriture du tango donnant lieu à l’écriture d’un court poème pour chacun, avant un temps de lecture à voix haute, pour ceux qui le désirent, et de partage.

L’atelier est ouvert à tous. Les participants qui le souhaitent peuvent venir avec un texte qui évoque, pour eux, le tango.

tarif : gratuits pour adhérents de « si les mots avaient des ailes », 15€ pour les non adhérents

inscriptions par email : contact@silesmotsavaientdesailes.fr

 

 

portrait-SiriPrésentation de l’auteur :

Françoise Siri (https://www.printempsdespoetes.com/Francoise-Siri) est auteur, journaliste et se définit comme « passeuse » de poésie. Interviewant depuis une quinzaine d’années de nombreux poètes, elle a notamment publié un livre de portraits et d’entretiens, Le panorama des poètes, Enquête sur la poésie francophone du XXIe s. (Lemieux éditeur, 2015) et un livre d’entretiens avec l’académicien François Cheng, Entretiens avec Françoise Siri (Albin Michel, 2015). En poésie, elle vient de publier son deuxième recueil, Traversée Tango, aux éditions Rafael de Surtis. Elle a animé des ateliers d’écriture notamment à l’Institut français et auprès des scolaires. Elle anime actuellement le prix francophone d’écriture poétique auprès des scolaires, destiné à mieux faire connaître les poètes d’aujourd’hui aux élèves, à l’initiative de l’association Skeptron.

retour sur les deux stages animés cette année par Jane Daigne

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les retours suite aux deux excellents stages animés par Jane Daigne cette année.

Le premier stage a eu lieu en octobre 2018, il a été accueilli dans la maison d’Agnès Soulez Larivière, à Meudon. Durant quatre jours, Jane Daigne a proposé d’explorer le roman policier classique à énigmes et guider chacun dans l’élaboration et l’écriture des scènes principales de son propre roman. (voir ici la présentation détaillée du stage)

 

Stage Polar – Débuts de romans et naissances de vocations    

Ce rendez-vous, c’est avant tout un lieu, une maison. Une maison dans laquelle il s’était passé quelque chose. Une maison inspiratrice de grands moments. C’est ici, qu’en quelques semaines, méconnu et rejeté, Richard Wagner composa l’un de ses plus célèbres opéras.

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Et puis, dans cette maison, cette pièce qui ouvre sur le ciel, avec dans son centre une grande table ovale et tout ces gens assis autour, tous différents et pourtant tous semblables. De cet endroit émane un climat, une ambiance qui laissent déjà entrevoir des intrigues, des énigmes.

Cartésien à l’extrême qui ne croit qu’en ce qu’il voit, je m’étais inscrit pour voir. Sortie d’un imaginaire, une histoire doit tout au cerveau qui l’a créée, elle commence par le début et finit par la fin, c’est ce que j’ai toujours cru.

Eh bien non, ce n’est pas que cela, notre maitresse de cérémonie, Jane DAIGNE, nous a démontré le contraire. Si un bon imaginaire est nécessaire, des règles sont à respecter. Passant de la théorie à la pratique, tout au long de ces quatre journées, elle a su nous communiquer son amour pour les scénarios bien pensés et bien cadrés, nous amenant heure, après heure à composer et à avancer dans notre propre histoire, allant même jusqu’à nous demander la rédaction du synopsis et du portrait de l’auteur.

Merci, pour ces quelques heures de découvertes intenses.

Didier

 

Le deuxième stage a eu lieu en mars 2019, sous la forme inédite pour notre association d’un marathon, le marathon de la nouvelle noire !

(voir ici la présentation détaillée du stage)

Une journée-marathon au cours de laquelle chaque participant a écrit « une nouvelle noire », journée qui n’a pris fin qu’à l’arrivée du dernier participant inscrivant le mot « fin » au bas de sa nouvelle. Les sept participants sont restés solidaires tout au long de cette journée, récit :

 

Marathon la nouvelle noire – 10 heures d’effroi et de frissons… dans une ambiance joviale et bienveillante

Le marathon « la nouvelle noire » est passé à une vitesse incroyable. Top départ à 10h00, arrivée à 20h, même pas essoufflés, nous n’avons pas vu les minutes ni les heures passer.

marathon-201903-03

Après quelques explications données par l’animatrice Jane, appuyées d’exemples concrets sur la définition, le contenu et la structure d’une nouvelle noire, nous voilà partis pour un premier sprint. 13h, ravitaillement et lecture (par Jane) de quelques nouvelles noires bien choisies. C’est parcourus de quelques frissons que nous nous remettons à l’ouvrage. Heureusement le poste de secours (l’animatrice) est toujours à proximité pour nous écouter, nous aider, répondre à toutes nos questions et nous aiguiller sur le bon chemin.

marathon-201903-04

A 20h, nous avions tous un récit construit et poignant, et nous avons franchi la ligne d’arrivée avec fierté. Une excellente ambiance pendant ce stage fascinant, pendant lequel nous avons beaucoup ri, malgré le thème !

Pour nous aider dans cette course, Jane a animé ce stage avec brio, nous donnant des explications, des exemples concrets, des conseils précis et constructifs, toujours avec bienveillance, pour améliorer nos récits.

Camille

la boite à mots : mars 2019 (consigne)

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots de mars 2019 : patienter, enfant, lune

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Marathon : la nouvelle noire – samedi 16 mars 2019

fév 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Venez vivre l’aventure d’une journée-marathon au cours de laquelle chaque participant écrira « une nouvelle noire », journée qui ne prendra fin qu’à l’arrivée du dernier participant inscrivant le mot « fin » au bas de sa nouvelle.

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« Écrire  noir » comme l’exprime Didier Daeninckx, écrivain contemporain de nouvelles et de romans policiers et noirs, c’est « écrire une histoire du point de vue de l’enfer ».

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