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stage « la nouvelle » 3 jours en novembre et décembre 2019

sept 2019 -
Si les mots avaient des ailes

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Tout le monde a entendu parler de concours de nouvelles mais

qu’est-ce qu’une nouvelle ? Qu’est-ce qui la distingue des autres formes de récits ?

La nouvelle est l’art du bref.

C’est une écriture qui se rapproche du croquis en dessin.

André Gide disait : « La nouvelle est faite pour être lue d’un coup, en une fois. »

Pendant ce stage, vous construirez des récits brefs, resserrés autour de peu de personnages, peu d’événements pour un effet plus intense. Dans une nouvelle, pas de longueur, pas de digression, tout doit être efficace et précis.

Vous vous engagerez sur le chemin de la re-lecture, de la ré-écriture pour aller au plus juste, vous travaillerez l’implicite, le non-dit et surtout la fin du récit (fin ouverte ou chute).

Vous découvrirez cette écriture si particulière à travers les textes des nombreux auteurs qui l’ont pratiquée.

L’objectif de ce stage est de vous amener à écrire plusieurs types de nouvelles.

3 jours, répartis en 2 week-ends :

Samedi 30 novembre et dimanche 1er décembre
puis dimanche 15 décembre 2019
de 9h30 à 16h30

Animatrice : Hélène Peyrard (animatrice dans notre association depuis plusieurs années) – voir ici

Tarif : 120€ pour les 3 jours ( 105 € pour les adhérents de « Si les mots avaient des ailes »). Paiement en 2 fois possible
Nombre de participants : 8 à 10
Lieu : Vélizy
Horaires : 9h30 – 16h30  avec pause d’une heure pour le déjeuner (que l’on partagera sur place)

 

 

retour sur notre stage « écrire pour la presse jeunesse »

juil 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Stage « Écrire pour la Presse Jeunesse » animé par Olivier Muller

Mai-juin 2019 (voir ici)

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« Tu ne pourrais pas le rendre plus acteur ton personnage ? Lui imposer plus d’obstacles ? » Les huit participants au stage « Écrire pour la Presse Jeunesse » sont réunis pour trois jours, autour d’Olivier Muller, romancier pour la jeunesse. Il s’agit d’acquérir tous les codes d’écriture qui rendent une histoire accessible plus précisément aux 5-7 ans, lecteurs du magazine « Mes premiers j’aime lire » auquel Olivier Muller collabore.

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La recette ne s’improvise pas : il faut une situation de départ avec un héros et son objectif, un élément perturbateur qui survient, des enjeux et des motivations qui vont aider le héros à surmonter les obstacles, pour au final résoudre la situation de crise et sortir de l’aventure transformé. Un exercice de décorticage de plusieurs histoires tirées de « Mes premiers j’aime lire »,  illustre bien toute cette mécanique.

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Des propositions d’écriture variées viennent également renforcer le propos et une belle émulation se met en place dans le groupe, pour redonner du sang neuf, à qui est en panne sur son histoire.

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Chacun repart avec une trame, voire même un premier chapitre rédigé.

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Une très belle et enrichissante expérience !

 

 

 

Retour sur notre atelier : La poésie du tango

avr 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Dimanche 31 mars 2019 comportait une heure en moins, en raison du « passage à l’heure d’été » mais cette journée n’en a pas moins été riche en musicalité. En effet le temps d’un après midi ce dimanche-là, Françoise Siri nous a accompagnés dans la découverte de la poésie du tango. Après une introduction permettant d’identifier les spécificités de la poésie contemporaines et les « ficelles » de l’édition, nous avons laissé venir les mots, les idées et les images portés par des tangos d’Osvaldo Pugliese et d’Astor Piazzola. Le temps de partager la lecture de nos poèmes et le stage était déjà terminé.

Mais afin de  prolonger ce partage ou pour ceux qui n’avaient pas participé au stage, il est possible et même… il faudrait lire « Traversée tango », recueil de poèmes de Françoise Siri  http://revue-texture.fr/traversee-tango.html
Et puis, embarquons avec les musiques de tango afin de découvrir les poèmes qui sommeillent secrètement en nous…

voir aussi notre article présentant cet atelier/rencontre ICI


voici quelques textes écrits pendant cet atelier :

La minute d’après

Tanguer, verser, renverser

la minute d’après chahute les sens
la veine bleue charrie son rouge sang

le cou emporté jette un dernier sort
la bouche fardée se ferme sur le cri du corps
le menton souverain se cache
les regards lumineux se lâchent
l’épaule amante s’enfuit
la mèche folle s’assagit

la main décousue délaisse son empreinte
la hanche endimanchée se réfugie dans son écrin
le buste soupirant retient son troublant mystère
la jambe dernière larme de chair fend l’air
la sueur perlante signe le pacte
la musique domptée s’éclipse avec tact

Tanguer, s’égarer, se redresser
bonheurs titubants

Vivants

Vivants

PLL

Tango, je te chéris :
Car tu mets dans tes notes,
Tous mes désirs enfouis,
Et cela dénote… et cela connote…

Patrice

 

Poésie de la pluie

le trottoir brille sous nos pas fatigués
contre ta hanche je m’appuie
les battements de mon cœur s’apaisent

AP

Oh les maux
A fleur de peau
Dis-moi Tango
La douleur des heures sombres
Quand dans la supplique des notes
Le bandonéon appelle les corps
Tous ces sons qui frappent la peau
Avant le peau à peau
L’envie de vivre et d’hurler
L’envie d’embraser et d’embrasser
Alors Tango
A fleur de peau
Laisse les corps se libérer et danser

Catherine

Danse hauturière

Le rideau s’ouvre sur trois notes
Amère cruelle rouge

Les amours ont largué leurs amarres
Elles sèchent leur sel le long des joues
Elles brûlent leurs épines au fond des gorges
Elles dérivent en haute mer au péril des grands creux

Entre deux tempêtes sous la main gauche
Le tango lent des violences de l’exil
Se drape au piano de grappes dissonantes
Se nappe aux violons d’unissons funèbres

Tout un peuple accoste écorché
Au bar du port et sort ses lames
La bande aux néons s’abandonne
Au son du sang chaud qui s‘écoule

D’un accord frappé
La plainte en point d’orgue
Au bal sans fin
Jamais ne s’éteint.

Denis

LA POÉSIE DU TANGO, Rencontre et atelier avec Françoise Siri

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

LA POESIE DU TANGO, dimanche 31 mars 2019 – 14h – 16h30

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avec Françoise Siri

Le tango, c’est une partie de l’âme de l’Argentine et des grands écrivains, de Borges à Cortázar. C’est une danse qui se veut, depuis ses origines, le reflet du monde et de son chaos, qu’il s’agisse des dictatures militaires ou des chocs du libéralisme qui atteignent le pays de plein fouet. Tout entre dans le tango : les textes d’amour, de mélancolie, de nostalgie, de désespérance, d’espoir, de combat politique, de fierté, de courage… Le tango est une manière de poser un regard acide et lucide sur la société telle qu’elle est, tout en continuant à danser, c’est-à-dire à vivre en recherchant le beau.

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retour sur les deux stages animés cette année par Jane Daigne

mar 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les retours suite aux deux excellents stages animés par Jane Daigne cette année.

Le premier stage a eu lieu en octobre 2018, il a été accueilli dans la maison d’Agnès Soulez Larivière, à Meudon. Durant quatre jours, Jane Daigne a proposé d’explorer le roman policier classique à énigmes et guider chacun dans l’élaboration et l’écriture des scènes principales de son propre roman. (voir ici la présentation détaillée du stage)

 

Stage Polar – Débuts de romans et naissances de vocations    

Ce rendez-vous, c’est avant tout un lieu, une maison. Une maison dans laquelle il s’était passé quelque chose. Une maison inspiratrice de grands moments. C’est ici, qu’en quelques semaines, méconnu et rejeté, Richard Wagner composa l’un de ses plus célèbres opéras.

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Et puis, dans cette maison, cette pièce qui ouvre sur le ciel, avec dans son centre une grande table ovale et tout ces gens assis autour, tous différents et pourtant tous semblables. De cet endroit émane un climat, une ambiance qui laissent déjà entrevoir des intrigues, des énigmes.

Cartésien à l’extrême qui ne croit qu’en ce qu’il voit, je m’étais inscrit pour voir. Sortie d’un imaginaire, une histoire doit tout au cerveau qui l’a créée, elle commence par le début et finit par la fin, c’est ce que j’ai toujours cru.

Eh bien non, ce n’est pas que cela, notre maitresse de cérémonie, Jane DAIGNE, nous a démontré le contraire. Si un bon imaginaire est nécessaire, des règles sont à respecter. Passant de la théorie à la pratique, tout au long de ces quatre journées, elle a su nous communiquer son amour pour les scénarios bien pensés et bien cadrés, nous amenant heure, après heure à composer et à avancer dans notre propre histoire, allant même jusqu’à nous demander la rédaction du synopsis et du portrait de l’auteur.

Merci, pour ces quelques heures de découvertes intenses.

Didier

 

Le deuxième stage a eu lieu en mars 2019, sous la forme inédite pour notre association d’un marathon, le marathon de la nouvelle noire !

(voir ici la présentation détaillée du stage)

Une journée-marathon au cours de laquelle chaque participant a écrit « une nouvelle noire », journée qui n’a pris fin qu’à l’arrivée du dernier participant inscrivant le mot « fin » au bas de sa nouvelle. Les sept participants sont restés solidaires tout au long de cette journée, récit :

 

Marathon la nouvelle noire – 10 heures d’effroi et de frissons… dans une ambiance joviale et bienveillante

Le marathon « la nouvelle noire » est passé à une vitesse incroyable. Top départ à 10h00, arrivée à 20h, même pas essoufflés, nous n’avons pas vu les minutes ni les heures passer.

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Après quelques explications données par l’animatrice Jane, appuyées d’exemples concrets sur la définition, le contenu et la structure d’une nouvelle noire, nous voilà partis pour un premier sprint. 13h, ravitaillement et lecture (par Jane) de quelques nouvelles noires bien choisies. C’est parcourus de quelques frissons que nous nous remettons à l’ouvrage. Heureusement le poste de secours (l’animatrice) est toujours à proximité pour nous écouter, nous aider, répondre à toutes nos questions et nous aiguiller sur le bon chemin.

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A 20h, nous avions tous un récit construit et poignant, et nous avons franchi la ligne d’arrivée avec fierté. Une excellente ambiance pendant ce stage fascinant, pendant lequel nous avons beaucoup ri, malgré le thème !

Pour nous aider dans cette course, Jane a animé ce stage avec brio, nous donnant des explications, des exemples concrets, des conseils précis et constructifs, toujours avec bienveillance, pour améliorer nos récits.

Camille

Marathon : la nouvelle noire – samedi 16 mars 2019

fév 2019 -
Si les mots avaient des ailes

Venez vivre l’aventure d’une journée-marathon au cours de laquelle chaque participant écrira « une nouvelle noire », journée qui ne prendra fin qu’à l’arrivée du dernier participant inscrivant le mot « fin » au bas de sa nouvelle.

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« Écrire  noir » comme l’exprime Didier Daeninckx, écrivain contemporain de nouvelles et de romans policiers et noirs, c’est « écrire une histoire du point de vue de l’enfer ».

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Écrire pour la presse jeunesse

nov 2018 -
Si les mots avaient des ailes

Chaque année, l’association « si les mots avaient des ailes » essaye de proposer un stage sur un thème particulier, nous invitons pour cela un intervenant spécialiste du sujet.

Après l’écriture de chansons avec Chantal Grimm en 2016 (voir ici) , l’écriture théâtrale avec Eugène Durif en 2017 (voir ici) et l’écriture de scénario avec Jean-Marie Roth en 2018 (voir ici), nous vous proposons cette année l’écriture pour la presse jeunesse.

 

 « Écrire pour la presse jeunesse » stage animé par Olivier Muller

 

Cet atelier d’écriture sera animé par Olivier Muller (voir ici), auteur jeunesse publié chez Toboggan, Mes Premiers J’aime Lire, J’aime Lire et J’aime Lire Max et co-scénariste de bandes dessinées pour la jeunesse.

 

L’atelier se déroule sur trois journées, le week-end de l’Ascension 2019

jeudi 30 mai, vendredi 31 mai et samedi 1er juin 2019 de 9h 30 à 16h30

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Stage « Écrire un conte » février 2019

nov 2018 -
Si les mots avaient des ailes

Après le succès du stage « écrire un conte» organisés en janvier 2017 et janvier 2018, l’association « Si les mots avaient des ailes vous propose :

 

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Découvrir l’univers du conte
Stimuler sa créativité

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La boîte à mots, le jeu : septembre 2018

oct 2018 -
Si les mots avaient des ailes

Voici les 3 mots de septembre 2018 : cinémathèque, désert, apprécier


voir les règles du jeu ici


Voici les textes que nous avons reçus :


L’Imprévu (Martine)

Fred sort du métro puis s’engage dans la rue de Bercy. A quelques mètres de la cinémathèque française qu’elle n’est pas sa stupeur ! Le parvis est désert. Étonnant à onze heures ! Aucune file d’attente devant le bâtiment ! Seuls quatre vigiles, cachés derrière leurs larges lunettes de soleil, scrutent attentivement les alentours.

– Ma visite semble fichue, songe Fred. Que se passe-t-il ?

Au même instant, Nadège sort de la cinémathèque par une petite porte dérobée. Fred la voit et rapidement va à sa rencontre. A coup sûr son amie va pouvoir le renseigner puisqu’elle travaille ici.

– Hello Nadège!

– Bonjour Fred, comment vas-tu ?

– Je vais bien. Sais-tu pourquoi la cinémathèque est fermée ce matin ?

– Les lieux ont été réservés par un couple V.I.P. pour une visite privée toute la matinée. Les visiteurs en possession de billets électroniques ont été prévenus mais évidemment pas ceux, comme toi, qui ont décidé de venir sans réservation. Il ne te reste plus qu’à revenir cet après-midi.

– C’est ennuyeux. Cet après-midi j’ai autre chose de prévu.

Nadège sourit. Elle reconnaît bien là son ami. Avec lui, pas de place à l’imprévu, tout est programmé. Malicieusement, elle suggère :

– On pourrait peut-être allez prendre un pot ? Enfin, je te dis ça… mais je te laisse apprécier ma proposition.

Fred rougit. Si elle savait combien elle ne le laisse pas indifférent ! Mais sa timidité le freine à exprimer ses sentiments. Pourtant, ce matin, le destin semble lui tendre une « perche ». L’occasion est trop belle pour la laisser passer…

– Avec plaisir, répond-il. Nous pourrions même déjeuner ensemble si tu es d’accord. Tu pourrais aussi m’accompagner à l’Institut du Monde Arabe ensuite si tu n’es pas pressée ?

– Allons-y ! répond-elle dans un éclat de rire.

Spontanément, elle glisse son bras sous celui de Fred et tous deux s’éloignent  gaiement alors que le couple de V.I.P. apparait sur le seuil de la cinémathèque pour s’envoler vers une autre destination.

 


Paris (Caroline)

PARIS est un désert au mois d’août, tout le monde sait cela !

D’habitude j’apprécie le plaisir de déambuler tôt le matin avant que les avenues et mêmes les petites rues ne soient envahies de touristes, dont certains se satisferont de poser au côté d’une statue ou d’un monument historique !

J’en ai vu lors d’une visite à l’opéra Garnier, se prendre en  » selfie » avec le plafond de la rotonde !
Heureusement la Joconde au musée est protégée … Je me promène dans la chaleur installée sur la ville.
J’ai dû rester à Paris afin de régler un léger problème, mari,  enfants et amis sont dispersés aux quatre coins des vacances, de plus, avec regret, j’ai tourné la dernière page d’un « chouette  » bouquin.
C’est toujours un moment difficile, aurais-je le même plaisir avec le prochain livre ?
J’apprécie d’être seule, souvent, mais pas aujourd’hui, que faire ?

Tiens … si j’allais voir un vieux « chef d’œuvre » à la cinémathèque !   Il doit y faire frais …
Je suis installée dans le noir … sur l’écran le film est en noir et blanc… peu de mouvement … peu de paroles… peu d’intérêt… Je suis hermétique au sujet, je m’ennuie !!

Allez ouste !… Je sors de la salle pour me mêler aux touristes et je les regarde avec amusement faire leurs selfies…

 


  Le film (Colette Kirk)

– Mais mamy ! Pourquoi veux-tu que je t’accompagne à la cinémathèque ?

– Parce que je voudrais y effectuer des recherches.

– t quelles recherches ?

– Oh ! Tu sais c’est une lointain souvenir mais que je voudrais, avant de disparaître, le revivre.

– Tu peux préciser et me raconter ?

– J’étais une toute jeune fille et je m’étais mise en tête de devenir, aux grands désespoirs de mes parents, comédienne. Mon père m’ayant menacé de me couper les vivres si je ne continuais pas mes études, je fini par faire ma valise et quitter le toit familial. Les débuts dans le métier furent difficiles. Pour pouvoir me payer les cours d’arts dramatiques, je faisais de la figuration dans certains films. C’est précisément sur l’un d’eux que j’ai besoin de faire une recherche. Le scénario de ce dernier était plutôt banal. C’était une aventure entre un prince arabe et une danseuse de cabaret. Pour je ne sais quel conflit, il y avait également affrontement entre les arabes et la Légion étrangère.  La bataille avait lieu en plein désert. Apparemment le budget du film ne permettait pas de se rendre au Sahara en Algérie, alors ce dernier a été tourné à Ermenonville à « La Mer de Sable ». Pour le décor, quelques rochers de papier mâché, trois ou quatre faux palmiers, des tentes et une petite caravane de vrais dromadaires. Depuis, 1963, je crois  maintenant que c’est un parc d’attractions apprécié par de nombreux visiteurs. Donc pour en revenir à mon film où j’avais un tout petit rôle. Dans ce dernier, habillée en bédouine, je portais secours à un légionnaire gravement blessé qui réclamait à boire, mais le malheureux mourait dans mes bras. Cette scène ne durait que deux ou trois minutes mais a permis à la caméra de fixer pour la postérité mon image que je pensais utile pour ma future carrière de star. Le problème, vois-tu c’est que j’ai oublié le titre de ce film. Le légionnaire était également un figurant, pourtant je me souviens de lui comme dans la chanson : il était mince, il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon légionnaire. Y’avait du soleil sur son front qui mettait dans ses cheveux blonds de la lumière. Je ne l’ai jamais revu sur le plateau d’un autre tournage. Aussi je suppose que mon bel inconnu a depuis pris du ventre, des cheveux blancs et marche avec une canne. Et lui se souvient-il de moi ? Quant à moi, j’ai rencontré un grand brun, costaud qui m’a donné le plus beau rôle de la vie : être sa femme et la mère de ses enfants.

 


Retour à la campagne (Susan)

Aujourd’hui Marie a la nostalgie du pays de son enfance. Ce manteau ouaté de neige poudreuse étalée sous la canopée de la forêt hivernale qui emmitoufle et câline, ce bercement de clapotis au bord du lac où se reflète le ciel étoilé d’été, l’odeur capiteuse des vastes prairies désertes parsemées de genêts jaune vif au printemps… toutes ces choses qui à l’époque lui semblaient mortellement ennuyeuses, maussades et monotones lui paraissent merveilleuses avec le recul. Les longues journées où elle se morfondait, cloîtrée dans sa chambre à observer la pluie incessante d’automne, se sont transformées dans son esprit en moments de paix et de bien-être.

Elle a eu hâte de quitter cet endroit qu’elle n’appréciait guère. Elle rêvait de jolies boutiques aux vitrines captivantes où s’étalaient des robes chamarrées et chatoyantes, de restaurants aux lumières scintillantes, de bals où l’on danse frénétiquement  jusqu’à l’aube, de cinémathèques et de concerts techno, de foules animées respirant la vitalité.

Aujourd’hui grisonnante,  elle réside dans une banlieue morne et déprimante où des gens cohabitent avec autant d’élégance que des carpes affamées dans un bassin étriqué.  Ses oreilles sont assaillies par le fracassement des voitures qui passent et repassent sous sa fenêtre.  Son cœur bat au rythme  des autobus bondés qu’elle attend et qui tardent à arriver. Son corps est imprégné de l’odeur de sauvagine du métro qu’il faut emprunter pour aller au travail. Elle n’est jamais seule mais sa solitude est totale.

Elle attend. Dans trois ans elle prendra sa retraite et elle retournera chez elle à la campagne.

 



Nous remercions les auteurs et rappelons que les textes leur appartiennent. Toute reproduction est interdite.