Par Martine Ponthieu
Treize heures : Comme chaque jour, son vélo à la main IL sort de chez lui emmitouflé dans sa canadienne, son écharpe enroulée autour du cou, sa besace sur le dos contenant dans sa gamelle son repas du soir qu’elle lui a préparé.
IL enfourche sa bicyclette usagée, attache son casque bosselé sur sa tête puis se baisse pour attacher ses bas de pantalon avec des épingles à linge. Ainsi paré, IL se redresse puis s’élance sur la route tout en jetant un regard furtif à droite puis à gauche avant de tendre le bras pour tourner vers la résidence du Parc Montaigne.
IL pédale énergiquement vers la commune voisine où IL grimpera dans le train qui l’emmènera jusqu’à Meudon. Trop loin pour s’y rendre en vélo, IL arriverait en retard à l’usine et il n’est pas question de prendre le risque d’être ponctionné d’un quart d’heure ou plus sur son salaire mensuel ! De toute façon IL arrive toujours à l’heure, IL est l’exactitude même…




