la boîte à mots, le jeu : août 2017

août 2017 -
Si les mots avaient des ailes
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Voici les 5 mots d’août 2017 :  CURIEUX – SOLEIL – NUIT     (NACRÉ – ALOUETTE)


voir les règles du jeu ici



Voici les textes que nous avons reçus :


Panne (Caroline)

C’est curieux ;  le soleil brille en pleine nuit !!!
Il a du se tromper d’heure… ou son réveil est tombé en panne !


Alouette  (Corinne P.)

Sur mes bouclettes une casquette
Equipé d’ ma grande lorgnette
Curieux, j’pars épier l’alouette
Parait qu’son chant stimule l’amourette.

La nuit arrive en doucette
Fin d’ soleil sur la girouette
Au garage ma bicyclette
Du repos pour les gambettes.

Un p’tit verre nacré d’anisette
Une bonne soupe dans mon assiette
Une galipette sous la couette
Avec la Georgette irrésistible en nuisette.

Dimanche dernier, sa cousine Lisette
Qui vend des galettes dans sa camionnette
M’a dit en cachette, au marché d’Alette
Qu’elle aussi voulait connaître, le chant de l’alouette…


LA FEERIE DE L’ARMADA (Martine P.)

La nuit s’est estompée. Un timide soleil éclaire les rochers nacrés d’humidité en cette heure matutinale.
Juché sur les épaules de son père, Arthur interpelle les mouettes rieuses qui tournoient au-dessus de sa tête et chante à tue-tête : « Alouette, gentille alouette, alouette je te plumerai… ».
Tout à coup, l’enfant pointe son index vers l’horizon et crie à son père :
–    Papa ! Les voilà ! Ils arrivent…
Une corne de brume déchire l’atmosphère et presqu’aussitôt apparaît le Monge. L’Armada commence sa parade. Le navire s’engage dans le chenal sous les applaudissements du public agglutiné sur les quais. Peu après, arrive le Kruzenshterne, ce quatre mâts russe aux dimensions exceptionnelles. Arthur en reste bouche bée. Comment a-t-il fait pour entrer dans le port de Rouen ?
Les curieux, arrivés tôt ce matin, salue chaque bateau qui défile devant eux et savourent le spectacle qui leur est offert.
Soudain, des vivas célèbrent le Belem qui surgit à son tour. La foule admirative découvre le pavillon militaire accompagné de la Patrouille de France qui effectue des figures de haute voltige dans le ciel azuré. Le spectacle est grandiose et le navire se laisse admirer en voguant lentement. Puis il s’éloigne doucement vers l’estuaire.
Au comble de l’excitation, Arthur trépigne sur les épaules de son père et ne cesse d’écarquiller ses grands yeux bleus pour immortaliser le spectacle qui se déroule devant lui. C’est qu’il en aura des choses à raconter à son retour !


Un rêve effrayant  (Susan)
J’ai fait un  rêve curieux et effrayant. Je me promenais le long de la plage une fin de journée au mois de septembre. Le soleil, bas sur l’horizon et fatigué d’avoir illuminé une longue été, venait juste de disparaitre du ciel.  La mer de couleur gris nacré, calme, lourde et mystérieuse,  attendait patiemment la nuit pour monter subrepticement  sur la grève abandonnée par les touristes partis se coucher.  Mon regard scrutait l’horizon, quand j’aperçus, gisant sur le sable,  un coffre doré d’où sortait d’énormes grappes de bijoux ornés de pierres précieuses de toutes les couleurs.  N’en croyant pas mes yeux, je m’y précipitai, m’imaginant déjà en train de  remplir les poches de ce trésor en provenance de quelque bateau de pirates qui aurait fait naufrage au large. Mais juste avant que je ne puisse atteindre ce magnifique butin, le sol se déroba sous mes pieds et les sables mouvants commencèrent à m’engloutir inexorablement. C’était affreux ! Je voulus crier mais aucun son ne sortait de ma bouche qui commençait déjà à se remplir de sable. C’est à ce moment que je me réveillai  en sursaut,  le cœur battant la chamade. Je me trouvais en train de me débattre  avec mes draps qui m’entortillaient les jambes, entravant mes mouvements dans un maelstrom blanc qui m’entrainait au fond de mon lit. Quel plaisir de me trouver dans ma chambre. Tant pis pour les châteaux en Espagne. Restait juste un vague souvenir  de ce mirage  brillant dans la pénombre tel  un  miroir aux alouettes.


Un éléphant ça trompe… (Colette)

Jumbo n’était encore qu’un éléphanteau de quelques mois lorsque sa mère fut massacrée par des braconniers pour lui prendre ses défenses. Durent plusieurs jours il resta auprès du corps de sa mère cherchant, mais en vain, protection et mamelle nourricière. Errant, il fut recueilli par des chasseurs Masaïs et confier à un centre animalier pour orphelins de toutes les espèces de la savane. Trop jeune pour être réintroduit au sein d’une troupe sauvage, il fût envoyé en Europe dans un zoo. C’était, il y a trente cinq ans de cela.  Jumbo est maintenant un magnifique éléphant mâle de cinq tonnes et trois mètres de haut.
Sous prétexte que dans la brousse les mâles sont solitaires, il n’a jamais eu de compagnon et encore moins de compagne. Seules quelques gazelles et impalas partagent son espace.
Monsieur le directeur, il va falloir se résoudre à abattre le palmier près de l’enclos de Jumbo, c’est une menace pour les visiteurs…
Bien, faîtes le nécessaire le plus tôt possible
Curieux Jumbo regarde les hommes scier le tronc de son vieux voisin. Dommage, il appréciait bien son ombre quand le soleil se montrait un peu trop chaud.
Avec un craquement sinistre l’arbre s’abat dégageant la vue à droite de l’enclos. Jumbo découvre alors qu’il n’est pas le seul pachyderme  en ces lieux, car là-bas au bout de l’allée, il y a une jolie petite éléphante. Il n’en croit pas ses yeux. Comme elle est belle avec  sa peau douce , lisse et ses défenses nacrées. C’est le coup de foudre ! A plein poumon il barrit pour attirer son attention, il agite ses larges oreilles, piétine, court de ci  et là le long de l’enclos. Il voudrait   la rejoindre mais un énorme fossé les sépare plus une clôture électrique. Il a beau faire, se d’emmener la belle joue les coquettes, fait semblant de ne pas le voir.  Jumbo sombre dans le désespoir.
Ses soigneurs sont inquiets :
– Je me demande ce qu’il a, il ne mange plus , la nuit il ne dort pas ?
– Ce n’est quand même pas à cause du palmier ?
– Peut-être que ça le perturbe d’avoir un autre horizon ? Lui et l’arbre ,  sont arrivés ensembles, il y a bien longtemps !
– Même le vétérinaire n’y comprend rien . Il semble malade, mais de quoi souffre-t-il ?
Et pour cause, ce pauvre Jumbo est atteint de la maladie d’amour, et c’est grave.
Ce matin une gentille alouette vient se percher sur son dos.
– Et bien l’ami, tu en fais une drôle de tête, on croirait que tu traîne toute la misère du monde ?
– Je suis malheureux ! Tu vois l’éléphante là-bas, et bien j’en suis amoureux, mais la cruelle ne répond pas à mes avances et me tourne le dos. Je crois que je vais en mourir !
– Mais mon pauvre Jumbo, il va falloir te faire une raison, l’élue de ton cœur n’est  autre qu’une statue à l’entrée des visiteurs !



Nous remercions les auteurs et rappelons que les textes leur appartiennent. Toute reproduction est interdite.